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John Wayne Gacy : "Le clown tueur"

 
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MessagePosté le: Ven 16 Jan - 14:34 (2009)    Sujet du message: John Wayne Gacy : "Le clown tueur" Répondre en citant

John Wayne Gacy : "Le clown tueur"




John Wayne Gacy Junior, le premier fils de Marian Elaine Robinson (d'origine danoise) et John Gacy Senior (d'origine polonaise), des ouvriers, est né en 1942, le jour de la saint Patrick, à Chicago. Gacy avait une grande s½ur, Joanne, et allait avoir une petite s½ur, Karen.

Les enfants furent élevés dans la foi catholique et suivirent leur scolarité dans des écoles privées au nord de Chicago.

John Wayne Gacy Jr grandit dans un quartier de classe moyenne, dans le nord de Chicago. Il fut membre des Boy Scout et occupa de « petits boulots » après l'école : distribuer les journaux et mettre les courses des clients dans les sachets du supermarché local...

Bien que n'étant pas particulièrement « populaire » à l'école, il était apprécié de ses enseignants, bien qu'ils le trouvaient un peu trop rêveur et souvent têtu. Il s'était fait de bons amis chez les Scouts : il adorait les uniformes et les activités extérieures du week-end.

Il eut une enfance normale... jusqu'à un certain point.

A onze ans, il jouait à côté d'une balançoire lorsque celle-ci, poussée par un autre enfant, le frappa à la tête, ce qui provoqua un caillot sanguin dans son cerveau. Ce dernier ne fut découvert que 5 ans plus tard, lorsque l'on voulut comprendre pourquoi John Gacy souffrait de fréquents évanouissements. Ils cessèrent lorsqu'on lui prescrivit des médicaments qui dissolurent le caillot.

En plus de ses problèmes de santé, Gacy dut subir le caractère de son père, notamment à partir de l'adolescence. Si sa mère l'adorait, son père était un alcoolique violent et autoritaire, un perfectionniste particulièrement sévère, qui battait son épouse et humiliait ses enfants. Il lui arrivait de battre « Junior » mais il passait surtout son temps à l'insulter, le traitant de « d'idiot » et de « crétin » lorsqu'il ne parvenait pas à réussir quelque chose, et de « tapette », de « fils à maman » ou de « pédé » lorsque sa mère voulait le défendre...

Quoi que fasse « Junior », ça n'était jamais assez bien pour son père. Contrairement à ce dernier, Junior n'était pas sportif, et son père le trouvait donc efféminé.

John Junior aimait toutefois beaucoup son père et désirait désespérément gagner son attention et son estime. Malheureusement, il ne fut jamais capable de les obtenir avant que son père ne meurt. Gacy lutta toute sa vie pour reconquérir la confiance en lui que son père lui avait enlevée à force de mépris et de châtiments.

Pourtant, lorsqu'on l'interrogea des années plus tard, Gacy nia avoir jamais détesté son père.

Gacy eut quelques problèmes au lycée, même s'il obtenait de bonnes notes. Il quitta le lycée à 17 ans et partit à Las Vegas après une terrible dispute avec son père, au sujet de sa voiture. Gacy travailla, à mi-temps, comme concierge dans un salon funéraire et découvrit que les cadavres ne l'effrayaient pas, au contraire.

Il ne parvint pas à trouver un travail plus intéressant et, sa mère étant tombée malade, il tenta désespérément de réunir assez d'argent pour rentrer à Chicago. Mais il existait peu d'emplois bien rémunérés pour quelqu'un qui n'avait pas son bac. Il fallut à Gacy trois longs mois pour gagner assez d'argent afin d'acheter le billet qui allait le ramener chez lui, en 1964.

Cette expérience douloureuse fut pour lui un électrochoc. A son retour, il s'inscrivit à l'école de commerce de l'université de North Western. Il obtint son diplôme sans difficulté et perfectionna son talent naturel pour la vente. Gacy était un vendeur né, un beau parleur et un charmeur, qui pouvait convaincre n'importe qui de n'importe quoi.

A sa sortie de l'école, il fut immédiatement embauché dans la compagnie Nunn-Bush Shoe et excella en tant que stagiaire en gestion. A 22 ans, on lui demanda de gérer un magasin de vêtements pour hommes à Springfield, dans l'Illinois.

Seul, libéré de l'influence négative de son père, Gacy gravit les échelons avec bonheur. Il prit confiance en lui et développa ses talents de persuasion. En fait, Gacy était un vantard invétéré et ses nouveaux amis furent rapidement agacés par ses mensonges concernant son prétendu engagement dans l'Armée.

Gacy prit également du poids mais réalisa que son embonpoint ne constituait pas un obstacle à sa réussite sociale.

Il s'impliqua dans plusieurs organisations :

-le Conseil Catholique Inter-Club, dont il devint membre du conseil ;

-le Federal Civil Defense for Illinois et le Chicago Civil Defense, où Gacy fut capitaine ;

-la Holy Name Society (une confraternité masculine encourageant la prière), où il fut nommé officier ;

-les Jaycees (Jeune Chambre Economique, organisation civique de développement personnel) où Gacy passa énormément de temps.

Gacy prenait très au sérieux son implication dans ces différentes organisations et leur dévouaittout son temps libre. Ceux qui connaissaient Gacy le considéraient comme un homme sympathique mais très ambitieux, qui cherchait à se faire un nom. Gacy voulait absolument « être quelqu'un ». Il travaillait tellement qu'il fut hospitalisé pour épuisement nerveux.

En septembre 1964, Gacy rencontra une collègue, Marlynn Myers, dont les parents possédaient des franchises de restaurants Kentucky Fried Chicken à Waterloo, dans l'Iowa. Gacy épousa Marlynn en 1965, et Fred Myers, son nouveau beau-père, lui proposa de diriger l'une de ses franchises dans l'Iowa. Son beau-père le considérait comme « un vantard et un menteur » mais il voulait que sa fille soit près de lui. Gacy accepta et déménagea dans l'Iowa avec son épouse.

Gacy travaillait facilement 12 heures par jour et parfois même 14 heures. Il était très enthousiaste et avait envie de tout comprendre et de tout connaître de son nouvel emploi. Il espérait un jour récupérer toutes les franchises de son beau-père, lorsque celui-ci prendrait sa retraite.

Il s'impliqua également auprès des Jaycees de Waterloo, auprès desquels il travailla bénévolement et inlassablement. Populaire et enthousiaste, il s'y fit beaucoup d'amis et l'un d'eux allait déclarer plus tard que Gacy « voulait réussir et être reconnu par ses pairs... Il travaillait toujours sur des projets et était totalement dévoué aux Jaycees. Le club était toute sa vie ».

D'autres membres considéraient qu'il en faisait trop, qu'il voulait toujours attirer l'attention. Selon un membre qui battit Gacy à l'élection pour la présidence des Jaycees, « Ce n'était pas un homme qui se préoccupait de la vérité. Cela ne lui faisait vraiment rien lorsqu'il était pris en flagrant délit de mensonge. »

Gacy trouva malgré tout du temps à consacrer à son épouse. Marlynn donna naissance à un garçon et, peu après, à une fille. Les Gacy était une véritable carte postale de famille heureuse. Ils possédaient une jolie maison dans la banlieue de Waterloo et avaient deux beaux enfants. Marlynn adorait s'occuper d'eux et Gacy était heureux dans son travail. Tout semblait trop beau.

Tout était effectivement trop beau.

Une seule chose gênait Marlynn chez son époux : il adorait la police et les uniformes, les véhicules d'urgence, qu'il suivait parfois à grande vitesse avec son gyrophare rouge personnel...

Il aimait que les gens pensent qu'il avait une influence dans la police, alors qu'il lui arrivait seulement de porter du poulet gratuitement aux policiers ou aux pompiers de la ville.

Selon certains de ses amis, il se vantait constamment de ses prouesses sexuelles auprès des femmes. Il ne montrait jamais la moindre affection en public envers son épouse.

Gacy allait plus tard admettre avoir vécu sa première expérience homosexuelle après la naissance de son fils. Il s'était saoulé avec un ami et lui avait fait une fellation.

Gacy était membre de la « patrouille des commerçants de Waterloo », une force de sécurité coopérative dont les membres surveillaient leurs propres commerces durant la nuit pour éviter les cambriolages. Les employés des restaurants que dirigeait Gacy participèrent un soir à l'une de ces patrouilles, avec lui, et s'introduire dans plusieurs bâtiments, volant des pièces de voitures et l'argent de distributeurs automatiques. Gacy avait réglé sa radio sur la fréquence de la police et surveillait leur conversation pour savoir si une patrouille s'approchait.

Gacy abusait souvent de son autorité sur ses jeunes employés. Les gens le considéraient comme un homme gentil et très impliqué dans la communauté. Ses employés connaissaient son côté privé, bien plus sombre.

Il avaitcréé une sorte de club dans la cave de sa maison, où les adolescents employés dans ses restaurants étaient autorisés à jouer au billard et à boire de l'alcool en échange d'un abonnement mensuel. Gacy força plusieurs des garçons à lui faire une fellation lorsqu'ils perdaient au billard. Il les intimidait, les contraignait, ou parvenait même à les convaincre qu'il menait des expériences scientifiques pour une commission d'État sur les comportements sexuels !

Durant l'été 1967, Gacy ramena chez lui un adolescent de 16 ans pour regarder des films, jouer au billard et boire de l'alcool. Son épouse était à l'hôpital après avoir donné naissance à leur deuxième enfant. Lorsque le garçon refusa de lui faire une fellation, Gacy l'attaqua avec un couteau et le coupa au bras. Toutefois, il lui présenta rapidement des excuses et insista pour que le garçon reste avec lui. Il usa de tous ses talents de persuasion, et l'adolescent accepta de visionner des films pornographiques. Ensuite, Gacy parvint à le convaincre de le laisser lui montrer son « tour de magie avec les menottes », et lorsque le garçon fut menotté, il tenta de le violer. Le garçon résista et Gacy commença à l'étrangler. L'adolescent fit semblant de s'évanouir. Gacy le lâcha, le réveilla et accepta de le ramener chez ses parents.

L'adolescent ne porte pas plainte, sans doute honteux de s'être laissé berner.

Peu de temps après, au restaurant, Gacy attacha l'un de ses jeunes employés, Edward Lynch, et l'étrangla jusqu'à l'inconscience, avant de le violer. Lynch fut licencié peu après et alla porter plainte à la police. Gacy affirma évidemment que Lynch voulait se venger d'avoir été congédié. La police le crut et l'affaire n'alla pas plus loin.

En août 1967, Gacy agressa un autre de ses employés. Donal Vorhees, 15 ans, fut forcé de lui faire une fellation, un soir, après le travail. Gacy le paya pour garder le silence et s'en pris de nouveau à lui par la suite.

En décembre 1967, Gacy devint premier vice-président des Jaycees et fut nommé « Homme de l'année ». Donal Vorhees, totalement déprimé, continuait de subir les viols de son patron sans oser réagir.

Mais des rumeurs commencèrent à se répandre en ville et parmi les membres des Jaycees, concernant les préférences sexuelles de Gacy. Il était souvent vu en présence d'adolescents, on disait que Gacy était homosexuel et qu'il couchait avec les garçons qui travaillaient dans ses restaurants.

Pourtant, les amis proches de Gacy refusaient de croire ses rumeurs... jusqu'en mai 1968, lorsqu'elles s'avérèrent être fondées.

Durant le printemps 1968, Donal Vorhees, ne pouvant plus supporter les agressions sexuelles de Gacy, s'en était plaint à ses parents. Son père en avait immédiatement parlé à la police de Waterloo, qui avait commencé son enquête.

Le 2 mai, Gacy passa au détecteur de mensonges. L'examinateur indiqua aux policiers qu'il mentait, mais Gacy continua de nier toute culpabilité. Le 10 mai, il fut inculpé de « sodomie ».

En juillet, il passa à nouveau au détecteur de mensonge avec le même résultat négatif, après quoi il admit avoir eu des relations homosexuelles avec Donald Vorhees mais affirma que l'adolescentétait consentant, et qu'il l'avait payé pour cette relation.

Il expliqua que certains membres des Jaycees cherchaient à lui nuire pour l'empêcher de se présenter à la présidence locale de l'organisation. Beaucoup de ses amis crurent cette explication et le jugement fut mis en délibéré...

Mais, début septembre, Gacy fut inculpé pour avoir payé un jeune homme de 18 ans afin de tabasser Donald Vorhees. Gacy avait offert 10 dollars à un certain Russell Schroeder, plus 300 dollars supplémentaires pour louer une voiture. Le 30 août 1968, Schroeder avait persuadé Vorhees de monter dans cette voiture et l'avait conduit dans un bois, où il l'avait aveuglé avec du gaz lacrymogène puis avait commencé à le frapper. Vorhees s'était défendu et avait cassé le né de Schroeder, puis était parvenu à s'enfuir. Peu après qu'il ait prévenu la police, Schroeder avait été arrêté. Il avait expliqué que Gacy l'avait engagé pour s'en prendre à Donald Vorhees.

Un juge ordonna à Gacy de subir une évaluation psychiatrique dans plusieurs établissements différents afin de définir s'il était mentalement compétent pour suivre son procès. Les psychiatres déclarèrent qu'il était totalement sain d'esprit et qu'il pouvait participer à son procès. Ils considéraient toutefois qu'il était un asocial, plus précisément un « sociopathe », qui ne pourrait être « guéri » par aucun traitement médical connu.

« Gacy détourne la vérité de manière à ne pas être présenté comme un homme mauvais, il peut admettre des actions socialement inacceptables uniquement lorsqu'il est confronté directement. C'est un beau parleur et un menteur qui essaye de se blanchir de tout acte répréhensible. Il a un haut degré d'intelligence sociale ou, si l'on veut, la conscience de la manière appropriée de se conduire dans le but d'influencer les gens.

L'aspect le plus frappant des résultats est la négation totale par le patient de la responsabilité qu'il pourrait avoir pour quelque acte qu'il ait commis. Il peut présenter un alibi pour n'importe quoi. Il accuse tour à tour l'environnement en se présentant comme la victime des circonstances, ou accuse les autres personnes en se présentant comme la victime des jaloux qui lui en veulent. Bien que cela puisse être le comportement d'un paranoïaque, je ne considère pas que cela soit le cas. Le patient tente d'avoir l'air sympathique en se présentant comme étant à la merci d'un environnement hostile. Il fait les choses sans jamais penser aux conséquences, il n'a que peu de jugement. »

Peu après, Gacy décida de plaider coupable pour les agressions sexuelles sur Donald Vorhees.

Le 7 novembre 1968, il fut condamné à 10 ans d'emprisonnement à la prison d'état de l'Iowa, la peine maximum pour ce genre de crime. Il avait 26 ans et le joli petit monde qu'il avait patiemment construit s'écroulait autour de lui.

Son épouse, abasourdie, demanda et obtint rapidement le divorce.

En prison, Gacy accepta toutes les règles, obéit aux gardiens et ne chercha pas les ennuis. Il fut un prisonnier modèle, travailleur et respectueux du personnel, car il avait bien compris que s'il se montrait non violent et qu'il obéissait, il avait plus de chance d'être libéré pour bonne conduite. Gacy expliqua à ses codétenus qu'il avait été condamné pour avoir montré des films pornographiques à des adolescents. Il exprimait si souvent son mépris pour les homosexuels que ses codétenus furent convaincus que son incarcération résultait d'une beuverie s'étant mal terminée.

Gacy fut employé aux cuisines et se mit à la tâche avec enthousiasme. Il y fut apprécié pour sa propreté frisant l'obsession et ses qualités de cuisinier. Il fut également aumônier et se déguisa en père Noël lors des fêtes de fin d'année. Il suivit même des cours de niveau universitaire.

En mars 1970, il subit une nouvelle évaluation psychiatrique.

L'un des psychiatres de la prison affirma qu'il avait une « personnalité passive agressive » et recommanda qu'il soit libéré sur parole, ajoutant : « la probabilité qu'il soit de nouveau accusé et reconnu coupable de conduite antisociale semble mince. » L'autre psychiatre, bien au contraire, affirma que Gacy était un « prédateur » qui présentait un « possible risque à venir ». La commission de libération préféra écouter l'avis du premier psychiatre.

Après 21 mois de prison, les espoirs de Gacy devinrent réalité et il fut mis en libérté conditionnelle. Il n'avait même pas fait un quart de sa peine...

Le 18 octobre 1970, Gacy quitta la prison et, contrairement à ce qu'il avait assuré à ses amis de Waterloo, il repartit à Chicago... pour soigner sa mère malade.

Il décida de commencer une nouvelle vie en ne laissant personne connaître quoi que ce soit de sa condamnation passée. Il avait l'intention de reprendre une place de choix dans la communauté.

Mais ses ambitions furent d'abord freinées par une période de dépression due au décès de son père. Gacy regrettait de ne pas avoir pu le revoir une dernière fois, car il était mort le Noël qui avait précédé sa sortie de prison. Il avait l'impression qu'on lui avait enlevée sa dernière chance d'améliorer ses relations avec un homme qu'il aimait énormément malgré son comportement violent et abusif.

Gacy s'installa chez sa mère et obtint grâce à un ami de la famille un emploi de cuisinier dans un restaurant de Chicago, un travail qu'il appréciait beaucoup. Ce restaurant était fréquenté par de nombreux policiers et politiciens.

Il tenta d'obtenir un droit de visite pour voir ses enfants mais son ex-épouse ne répondit jamais à ses lettres. Fou de rage, Gacy lui annonça qu'il ne voulait plus jamais les voir et qu'il les considérait tous les trois comme morts.

Gacy sortit brièvement avec une serveuse du restaurant où il travaillait, mais cela ne dura pas longtemps et il préféra rapidement les rencontres homosexuelles. En novembre 1970, il amena même l'un de ses amants, un jeune homme de 20 ans, dans l'appartement de sa mère, sans qu'elle le sache.

Après 4 mois, comme tout se passait bien au restaurant, Gacy put acheter une maison dans la banlieue de Chicago, avec l'aide de sa mère, impressionnée par les efforts accomplis par son fils pour retrouver une vie « normale ». Gacy possédait la moitié de sa maison, située au 8213 West Summerdale Avenue, à Northwood Park, et sa mère - qui déménagea avec lui - possédait l'autre moitié. La maison, un pavillon style années 1950, était située dans un quartier calme où vivaient de nombreuses familles. Gacy se lia rapidement d'amitié avec ses voisins, Edward et Lillie Grexa, qui vivait dans le quartier depuis sa construction.

Sept mois plus tard, il passait Noël avec les Grexa, qu'il avait convié à dîner avec sa mère. Ils s'invitaient souvent pour boire un verre ou jouer au poker, et les Grexa n'avaient pas la moindre idée du passé criminel de Gacy.

Ses voisins le considéraient comme un homme bon, amical et généreux. Certains, toutefois, avait l'impression qu'il en faisait trop et cherchait à obtenir un statut social qu'il n'atteindrait jamais.

A Chicago, Gacy était soumis à la tentation et laissa le champ libre à ses pulsions violentes. Des bars homosexuels avaient pignons sur rue et des prostitués mâles acceptaient de partir avec un inconnu pour quelques dollars. Des adolescents fugueurs ou sans abris arrivaient quotidiennement à la gare routière, toute proche, ne sachant où aller, et appréciaient qu'un « gentil monsieur » leur propose de l'aide...

Le 12 février 1971, Gacy fut inculpé pour agression. Il avait ramené chez lui un adolescent, qu'il avait trouvé à la gare routière, et avait tenté de le forcer à lui faire une fellation.

Toutefois, il ne fut pas condamné et toutes les charges contre lui furent abandonnées car le garçon ne se montra pas lors de l'audience préliminaire. Personne ne vérifia le casier judiciaire de Gacy. Personne ne prévint donc les autorités de l'Iowa de l'arrestation de Gacy, qui termina tranquillement sa liberté conditionnelle.

En mai 1971, Gacy rencontra Carole Hoff, une divorcée mère de deux filles qu'il connaissait depuis l'adolescence. Il était sorti ensemble au collège et recommencèrent à se fréquenter.

Gacy tua pour la première fois trois mois après la fin de sa liberté conditionnelle, le 1er janvier 1972. Il voulait ramener sa mère chez lui, vers minuit, après la soirée de Nouvel An. Mais elle refusa, préférant rester un peu et être raccompagnée par quelqu'un d'autre.

Vexé, Gacy s'en alla seul et conduisit dans Chicago à la recherche de compagnie. Il rencontra un jeune homme de 18 ans à la gare routière et l'emmena chez lui. Prostitué, sans abris ou fugueur, Gacy ne s'en souvint pas. Ils burent de l'alcool et eurent des relations sexuelles. Il allait par la suite expliquer que la garçon avait tenté de le poignarder et qu'en se défendant, Gacy lui avait pris le couteau et l'avait tué. Il allait d'ailleurs toujours trouver une « bonne raison » d'avoir assassiné ses victimes...

Gacy enterra le corps du jeune homme sous sa maison.

Il ne tua plus durant plusieurs années, mais fut arrêté le 22 juin 1972 pour « inconduite sexuelle ».

Un jeune homme de 24 ans expliqua à la police que Gacy l'avait fait monter dans sa voiture. Il s'était présenté comme un officier de police du comté et lui avait montré un insigne en lui expliquant qu'il était en état d'arrêt. Il lui avait ensuite expliqué que s'il lui faisait une fellation, il le laisserait partir. Il l'avait conduit jusqu'à un bâtiment à Nothbrook mais le jeune homme avait refusé. Gacy l'avait alors frappé et s'était jeté sur lui, mais le jeune homme était parvenu à s'échapper et à courir jusqu'à une station essence.

Gacy expliqua aux policiers que le jeune homme l'avait menacée et qu'il essayait seulement de lui extorquer de l'argent. Après avoir trouvé sur le jeune homme de l'argent donné par Gacy, la police abandonna les charges.

En juillet 1972, Gacy épousa Carole Hoff, après que sa mère ait déménagé dans une autre maison. Il avait séduit cette femme émotionnellement vulnérable, divorcée depuis peu, et elle était immédiatement tombée amoureuse de lui. Elle était attirée par son charme, sa chaleur et sa générosité, et pensait qu'il s'occuperait bien d'elle et de ses filles. Elle savait qu'il avait passé plusieurs mois en prison - il ne lui avait pas avoué le véritable motif - mais était persuadée qu'il avait totalement changé de vie.

Elle emménagea rapidement avec ses filles dans la maison de Gacy.

Evidemment, Gacy n'attira des adolescents chez lui que lorsque son épouse fut absente.

Le couple maintint une relation amicale avec les voisins et les Grexa furent encore invités à des fêtes et des barbecues. Ils étaient toujours heureux d'accepter les invitations de leurs jeunes voisins mais ne pouvaient faire abstraction de l'odeur nauséabonde qui régnait dans leur maison. Lillie Grexa pensait qu'un rat avait du mourir sous les planches de la maison et encouragea Gacy à les soulever pour le trouver. Mais Gacy affirma que l'odeur provenait de moisissures dues à l'humidité régnant dans le vide sanitaire situé sous la maison. Il connaissait la véritable raison mais, évidemment, il ne la révéla pas.

Bien que de nombreux amis, membres de la famille et voisins se plaignirent de l'étrange odeur venant de la maison, ils continuèrent de se rendre chez Gacy. Il organisa deux grandes « barbecues party » durant lesquelles il invita tous les gens qu'il connaissait. L'une d'elles réunit plus de 300 invités ! Gacy aimait organiser des soirées à thèmes, où les gens venaient déguisés en cowboys ou en hawaïens...

Il aimait se sentir important et appréciait d'entendre les gens parler des fêtes qu'il organisait.

En 1974, Gacy décida qu'il voulait être son propre patron.

Il ouvrit une entreprise dénommée « Painting, Decorating and Maintenance » et engagea des adolescents. Il expliqua à des amis qu'il préférait travailler avec ces jeunes gens car il les payait moins que des adultes et pouvait donc augmenter sa marge. Gacy était notoirement avare. Il ne payait pas à ses employés le temps passé en déplacement et ils devaient parfois lui réclamer leur salaire. Il passait également beaucoup de temps à surveiller leur travail et il était tellement perfectionniste que beaucoup finissaient par démissionner, ne supportant plus son côté pointilleux.

Il avait également la réputation, non seulement auprès de ses employés mais aussi envers ses amis et ses clients, de ne pas toujours dire la vérité. Un employé affirma : «John est un drôle de gars. Il est plutôt vantard et il vit dans un monde de fantasmes. Maintenant, chacun décide que ce qui est un fait ou une fiction, mais il affirme par exemple qu'il travaille parfois pour la mafia. »

Gacy continuait à penser qu'il allait réaliser ses rêves de gloire. Avide d'attention et de reconnaissance, il décida « d'entrer en politique ». Il espérait se faire un nom et possédait de grandes aspirations.

Il comprit qu'il devait se faire connaître en participant à des activités communautaires et à des projets bénévoles. Il devait également séduire les gens, ce que son talent naturel pour persuader les autres allait lui permettre.

Il attira rapidement l'attention de Robert Matwick, le dirigeant du comité Démocrate de la ville. Gacy et ses jeunes employés se portèrent volontaires pour nettoyer gratuitement le quartier général du comité. Quelques temps plus tard, Gacy impressionna d'autant plus Matwick qu'il se déguisa en « Pogo le Clown » pour amuser les enfants dans les hôpitaux locaux, toujours bénévolement.

Ne connaissant pas le casier judiciaire de Gacy et impressionné par son apparente générosité envers la communauté, Matwick nomma Gacy à la commission de l'éclairage publique.

En 1975, Gacy gravit encore un échelon et devint trésorier du secrétaire du comité.

Gacy tentait également de séduire ses employés... ou d'abuser d'eux.

Johnny Butkovich, 16 ans, aimait beaucoup les voitures et bichonnait particulièrement sa Dodge 1968, dont il était très fier. Il aimait participer à des courses et passait du temps à « gonfler son moteur », un passe temps particulièrement coûteux pour un jeune homme de son âge. Il devait trouver un emploi.

Il fut engagé par Gacy, principalement pour repeindre des maisons. Leur relation fut excellente... jusqu'à ce que Gacy refuse de lui payer deux semaines de travail. Gacy agissait souvent de la sorte et gardait l'argent pour lui-même.

Au début de l'année 1976, irrité par la malhonnêteté de son employeur, Johnny se rendit chez Gacy avec deux de ses amis afin d'obtenir l'argent qui lui était dû. Gacy refusa de le payer et une altercation eut lieu. Johnny menaça Gacy de raconter aux autorités locales qu'il ne payait pas les taxes sur ses bénéfices. Gacy affirma alors à John que c'était lui qui lui devait 300$ pour la décoration de l'appartement de son père. Johnny et ses amis réalisèrent finalement qu'ils ne pourraient rien obtenir de Gacy et s'en allèrent. Johnny reconduisit ses amis chez eux puis repartit.

La nuit, Gacy décida de sortir pour trouver un partenaire sexuel. Il aperçut Johnny Butkovich et s'approcha pour s'excuser de s'être emporté. Il l'invita chez lui pour qu'ils discutent calmement de leur différent. Une fois chez lui, il lui proposa à boire et lui montra le « truc des menottes » de « Pogo le Clown », qu'il parvenait toujours à enlever. Il convainquit Johnny de se laisser menotter pour lui montrer comment fonctionnait ce « tour de magie ». Mais l'adolescent ne pu se détacher. Gacy se mit à hurler qu'il ne les lui ôterait que s'il s'agenouillait pour lui demander pardon et qu'il ne lui réclamait plus jamais d'argent. Terrifié, en larmes, Johnny promit.

Mais Gacy le viola et le força à lui faire une fellation. Puis, il l'étrangla à l'aide d'un garrot.

Il dormit quelques heures et, le lendemain, il creusa un trou dans son garage, y traîna le corps de l'adolescent et l'y enterra. Puis, il recouvrit le sol de ciment.

La police de Chicago fut prévenue de la disparition de l'adolescent par ses parents et ils interrogèrent Gacy, sans rien trouver à lui reprocher. Ils finirent par conclurent que Johnny Butkovich avait fait une fugue, comme de nombreux jeunes gens à l'époque.

Les tendances homosexuelles de Gacy et son désir de faire souffrir devenaient peu à peu plus évidents aux gens qui le connaissaient, et particulièrement son épouse Carole.

Leur union, qui s'était rapidement détériorée, commença sérieusement à dériver. Ils n'avaient plus de relations sexuelles et l'humeur de Gacy était devenue imprévisible. Il pouvait se montrer charmant puis, brusquement, entrer dans une terrible colère et jeter des objets à terre. Il était insomniaque et le manque de sommeil ne faisait qu'exacerber ses problèmes.

Gacy était rarement chez lui le soir et, lorsqu'il l'était, il passait son temps dans le garage, avec des adolescents.

Carole commençait à trouver des magazines représentant des hommes et des garçons nus. Elle savait qu'ils appartenaient à son époux et qu'il ne cherchait pas à lui cacher son nouveau choix de vie. Il finit par expliquer à Carole qu'il préférait les garçons aux femmes.

Lorsqu'elle lui demanda d'où provenaient les vêtements d'adolescents qu'elle avait trouvé dans la maison, Gacy lui cria de ne pas s'en mêler.

Ils divorcèrent le 2 mars 1976.

De nouveau seul, Gacy se sentit soulagé : il allait pouvoir amener chez lui des jeunes gens, quand cela lui plairait. Plusieurs adolescents témoignèrent plus tard du fait que Gacy parcourait les rues en voiture à la recherche de prostitués ou de fugueurs, ou pour proposer aux adolescents de travailler dans sa société. Plusieurs d'entre eux acceptèrent de venir chez lui pour « passer un entretien d'embauche » durant lequel Gacy leur proposa de leur montrer comment fonctionnait son « tour de magie avec les menottes »...

Le 6 avril 1976, Gacy fit sa troisième victime. Il ramena chez lui un jeune homme nommé Darrel Samson, 16 ans, à qui il avait promis un emploi. On ne le revit plus jamais. Gacy le viola, l'étrangla, puis l'enterra dans le vide sanitaire sous sa maison.

Peu après, il ramena chez lui un prostitué qu'il viola brutalement après l'avoir frappé au visage. Mais il le laissa partir, vivant.

Prenant confiance en lui, il tua ensuite deux adolescents le même jour. Le 14 mai 1976, Randall Reffet et Samuel Stapleton, 14 ans, disparurent à leur tour.

Randall accepta de suivre Gacy chez lui, croyant ses mensonges, comme tous les autres. Il y fut violé et torturé durant des heures avant d'être étranglé.

Comme si cela ne suffisait pas, Gacy repartit en ville, le soir, à la recherche d'une autre victime. Samuel Stapleton revenait de chez sa grande s½ur, vers 23h, quand il accepta de monter dans la voiture du « gentil monsieur » qui lui proposait de le ramener chez ses parents « à une heure si tardive »... Samuel subit le même sort que Randall.

Les deux garçons furent enterrés dans la même fosse, sous la maison de Gacy.

Mike Rossi, 16 ans, survécu à son agression et eut par la suite une relation étrange et malsaine avec Gacy.

Le 22 mai 1976, Gacy l'invita chez lui... pour boire de l'alcool et fumer de la marijuana. Il se montra très sympathique avec l'adolescent. Mais, le lendemain matin, Gacy lui montra le « truc des menottes » et Mike se retrouva les mains coincées dans le dos. Gacy le força à lui faire une fellation.

Mike ne porta pas plainte et revint même chez Gacy par la suite. Gacy lui offrit un emploi et menaça de le licencier s'il parlait de l'agression. Non seulement Mike n'en dit mot à personne mais il vint s'installer chez Gacy.

Il fut même suspecté d'avoir été le complice de Gacy pour certains meurtres mais on ne trouva aucune preuve pour étayer cette accusation.


Michael Bonnin, 17 ans, aimait travailler de ses mains. Il appréciait particulièrement la menuiserie et le travail du bois, et il lui arrivait de travailler sur plusieurs projets en même temps. En juin 1976, il avait presque terminé de rénover un vieux juke-box mais, alors qu'il se rendait en ville « pour aider un ami pour un boulot », il disparut.

Cet « ami » était Gacy, qui l'avait invité à venir chez lui pour y boire quelques verres.

William « Billy » Carroll Jr., avait toujours eu des problèmes. A 9 ans, il avait été envoyé dans une maison de correction pour avoir volé un porte-monnaie et, à 11 ans, on l'avait arrêté avec une arme sur lui. Billy était un « mauvais garçon » qui passait la plupart de son temps dans les rues de Chicago. A 16 ans, il arrangeait des rencontres entre des adolescents et des adultes et gagnait de l'argent en touchant une commission.

Mais il lui arrivait aussi de se prostituer, pour survivre. Le 10 juin 1976, il suivit Gacy jusqu'à chez lui. Il y fut violé et torturé avant d'être étranglé.

Il rejoignit les autres victimes du tueur sous sa maison.

Deux mois plus tard, le 6 août 1976, Rick Johnson, 17 ans, disparut alors qu'il rentrait d'un concert. Sa mère l'y avait déposé et il devait rentrer avec des amis. Mais ceux-ci n'étaient pas venu et Rick avait du revenir chez lui par ses propres moyens. Gacy avait entendu parler du concert et s'y était rendu dans l'unique but de trouver un adolescent à « emmener ». Ce fut Rick, trop heureux de trouver quelqu'un pour le ramener chez ses parents.

Mais c'est chez lui que Gacy l'emmena, pour le violer et l'étrangler. Il l'enterra sous la laverie et non sous la maison.

Peu de temps après, Gacy proposa à l'un de ses employés, David Cram, 19 ans, de venir vivre sous son toit. Comme Mike Rossi logeait déjà chez Gacy, David pensa que son patron voulait simplement « être gentil » en offrant un logement à ses employés les plus « nécessiteux ».

Il ne resta que deux mois.

Il expliqua par la suite qu'il avait dû dormir avec son pantalon car Gacy entrait souvent dans sa chambre au milieu de la nuit pour lui faire des avances.

Le 11 août, alors qu'ils célébraient son anniversaire, Gacy l'avait convaincu de se laisser menotter pour lui montrer « le tour de magie de Poggo ». Mais, comme le jeune homme ne parvenait pas à se détacher, il lui avait dit avec un sourire mauvais : « Le tour, c'est que tu dois avoir la clef ». Il avait alors commencé à ballotter David dans la pièce en le tenant par la chaîne des menottes.

David était grand et fort, et il avait passé quelques mois à l'armée : il savait se défendre. Les mains menottées dans le dos, il était malgré tout parvenu à frapper Gacy au visage. « Poggo » s'était effondré à terre, KO. David lui avait prit les clés des menottes pour se détacher, puis s'était enfermé dans sa chambre.

Gacy allait par la suite lui expliquer qu'il était saoul et avait seulement voulu plaisanter...

Gregory Godzik, 17 ans, aimait beaucoup son travail chez « Painting, Decorating and Maintenance » et ne refusait jamais une tâche que Gacy pouvait lui donner. L'argent qu'il gagnait lui avait permis de rénover sa Pontiac 1965. Il était fier de sa voiture, malgré le prix qu'elle lui coûtait, car elle l'aidait à « emballer les filles ».

Le 11 décembre 1976, Gregory rendit visite à Gacy après avoir ramené sa petite amie chez elle. Gregory travaillait pour Gacy et avait creusé une longue tranchée dans l'espace sanitaire de la maison de son patron, avec David Cram et Michael Rossi. Gacy leur avait expliqué qu'il voulait y mettre des tuyaux pour « évacuer l'humidité qui provoquait cette odeur horrible ». Etrangement, il leur avait ordonné de ne creuser qu'à un endroit bien particulier, en suivant les fils qu'il avait tendus...

Gregory accepta de boire quelques verres avec Gacy. Ce dernier voulut lui montrer un nouveau tour de magie, cette fois avec une corde. Greg se laissa attacher les mains dans le dos et Gacy passa l'autre bout de la corde autour de son cou. L'adolescent commença à s'inquiéter lorsque Gacy se mit à rire. Il gifla son employé et le traita d'imbécile. Plus Gregory tentait de détacher ses mains, plus la corde se serrait autour de son cou.

Gacy le viola et l'étrangla durant des heures, relâchant son étreinte lorsque l'adolescent sombrait dans l'inconscience et le réveillant à chaque fois.
Durant la nuit, Gacy l'étrangla et enterra son corps dans la tranchée que l'adolescent avait lui-même creusée.
Puis, il conduisit la Pontiac du garçon jusqu'à une animalerie d'une banlieue voisine. Il laissa la voiture ouverte et revint chez lui à pieds.


Lorsque la mère de Gregory prévint la police de la disparition de son fils, son cas fut traité comme celui de la plupart des victimes de Gacy : c'était une fugue. Les adolescents de l'époque ne pensaient qu'à boire, à fumer, à laisser pousser leurs cheveux et à fuguer. C'était bien connu...


Un ami de Greg découvrit sa Pontiac peu après et sa famille indiqua à la police que Gregory n'aurait jamais abandonné sa voiture, son bien le plus cher. Surtout pas avec les portes ouvertes.
La police de Chicago interrogea Gacy sur la disparition de l'adolescent, et il nia savoir ce qui lui était arrivé. Il ne fut pas inquiété.

Le 20 janvier 1977, John Szyc, 19 ans, disparut lui aussi. Il pleuvait et John Wayne Gacy était allé faire un tour dans Bughouse Square, un quartier mal famé, rendez-vous connu des homosexuels et des prostitués. John Szyc fut heureux de se protéger de la pluie.


Ils eurent des relations sexuelles chez Gacy mais ce dernier refusa de payer ses 20$ au jeune homme. Ils commencèrent à se disputer mais Gacy calma rapidement les choses, offrant de l'alcool à sa future victime. Il parvint à convaincre John Szyc de se laisser attacher pour qu'il lui montre le « truc de la corde »...


Après son arrestation, Gacy allait accuser Mike Rossi du meurtre. Il est possible qu'il ait été son complice plus ou moins consentant, cette fois-là.


John Szyc fut lui aussi enterré sous la maison. Gacy n'en resta pas là. Avec l'aide de Mike Rossi, il alla récupérer la voiture de Szyc, une Plymouth Satellite 1971, dont le jeune homme lui avait parlé. Gacy vola une télévision posée sur le siège arrière et « revendit » la voiture à Mike Rossi pour 300$.

Des mois plus tard, Mike fut arrêté au volant de la Plymouth alors qu'il essayait de quitter une station essence sans payer. L'adolescent expliqua que l'homme avec qui il vivait « pourrait tout expliquer ». Cet homme était Gacy, qui expliqua à la police que John Szyc lui avait vendu la Plymouth car il avait urgemment besoin d'argent pour quitter la ville. Gacy allait souvent utiliser cette explication pour convaincre les policiers que ses jeunes employés avaient fugué...


La police ne vérifia pas les papiers du véhicule, qui avaient été grossièrement falsifiés quelques jours après la disparition de John Szyc. Le jeune homme connaissait Gregory Godzik et Johnny Butkovich et, bien qu'il n'ait jamais travaillé pour « Painting, Decorating and Maintenance », il connaissait vaguement Gacy.

Le 15 mars 1977, Jon Prestige, 22 ans, s'ennuyait. Il indiqua à son colocataire qu'il allait faire un tour à Bughouse Square, un quartier où il n'avait jamais été mais dont il avait entendu parler par des amis. Une fois là-bas, il accepta une invitation de Gacy à le suivre chez lui pour y boire et y fumer de la marijuana.


On ne le revit jamais.

En avril 1977, Mike Rossi quitta la maison de Gacy.


Peu après, ce dernier devint capitaine de sa circonscription Démocrate.
La carrière politique à peine naissante de Gacy connaissait pourtant déjà des problèmes. Des rumeurs commencèrent à circuler au sujet de son intérêt pour les garçons.
L'une de ces rumeurs concernait un incident qui avait eu lieu un jour au Gacy avait nettoyé le QG du parti avec ses « employés ». L'un des adolescents se nommait Tony Antonucci, 16 ans. Ce dernier expliqua que Gacy lui avait fait des avances sexuelles mais avait renoncé lorsque Tony l'avait menacé avec une chaise. Gacy avait tenté de plaisanter et l'avait laissé tranquille.


Un mois plus tard, alors que Tony Antonucci rendait visite à Gacy, chez lui, ce dernier avait réussi à le menotter et, croyant que ses deux mains étaient prises, avait commencé à le déshabiller. Heureusement, Tony avait était assez méfiant pour ne pas glisser entièrement l'une de ses mains et avait pu se libérer. Il était parvenu à attacher Gacy à son tour avec les menottes ! Gacy lui avait alors promit qu'il ne s'en prendrait plus jamais à lui et Tony l'avait détaché. Gacy ne l'avait plus jamais approché et l'adolescent avait continué à travailler pour lui durant un an.

Matthew Bowman, 19 ans, rencontra Gacy le 5 juillet 1977 devant une gare de Chicago, où sa mère venait de le déposer. Il lui proposa de « se promener et de s'amuser ».
Il le ramena chez lui où il le drogua, le viola et l'étrangla. Il enterra le corps de Matthew avec les onze autres.

Robert Gilroy, 18 ans, adorait faire du camping, du cheval et se promener dans la nature. Le 15 septembre 1977, Robert devait prendre un bus avec des amis pour aller faire une ballade à cheval mais ses amis l'attendirent en vain. Il avait accepté que Gacy le prenne en stop, dans l'espoir d'arriver plus vite au ranch, mais Gacy l'avait ramené chez lui pour le violer et le torturer durant des heures.
Le père de Robert, un sergent de police à Chicago, commença immédiatement à le chercher dès que ses amis le prévinrent de sa disparition. Il ne retrouva jamais son fils.

Le 25 septembre 1977, John Mowery, 19 ans, rentrait chez lui, sous la pluie, après avoir rendu visite à sa mère. Il pleuvait à verse et Gacy était justement sorti, avec l'intention de proposer à un jeune homme de le conduire où il le voudrait, bien au sec... John Mowery tentait sans succès de se protéger de la pluie et lorsque Gacy lui proposa de monter, le jeune homme n'hésita pas un instant. Gacy était connu dans le quartier : on le voyait souvent dans les petits chantiers où travaillaient ses jeunes employés et il était un membre actif de la communauté.

Mais, comme à son habitude, Gacy conduisit le jeune homme chez lui sous un faux prétexte. Il l'attacha, le viola et le tortura. Son corps se retrouva sous la maison.

Le 17 octobre 1977, Russel Nelson, 21 ans, rentrait chez lui après une nuit passée dans une discothèque. Gacy lui proposa de monter dans sa voiture.

Il le ramena chez lui et lui réserva le sort de toutes ses autres victimes : la mort.
La fiancée et la famille de Russel déclarèrent sa disparition le lendemain. Des posters arborant sa photo furent collés sur les murs, avec ceux des autres victimes disparues. La police considéra qu'il avait simplement quitté la ville, ce que sa famille contesta vigoureusement.

Robert Winch, 16 ans, avait fugué de chez ses parents, à Kalamazoo, dans le Michigan. Il y étouffait. Il voulait vivre dans une grande ville, être libre. Il avait fait du stop et était parvenu jusqu'à Chicago.
Le 11 novembre, il rencontra un « gentil monsieur » qui lui proposa de l'aider. Gacy le ramena chez lui pour l'étrangler et le violer jusqu'à ce qu'il en meurt.

Il fut enterré dans le vide sanitaire, déjà rempli de cadavres et où l'espace commençait à manquer.

A peine une semaine plus tard, le 18 novembre 1977, Tommy Baling, 22 ans, devint la 17ème victime de Gacy. Après avoir bu quelques verres après le travail, il téléphona à sa jeune épouse pour lui indiquer qu'il rentrait. Il faisait froid et, lorsque Gacy arrêta sa voiture à côté de lui pour lui proposer de le ramener, Tommy accepta.
Il se retrouva chez Gacy, où il fut violé et torturé durant des heures avant d'être garrotté.

Le 9 décembre 1977, David Talsma, 19 ans, se rendait à un concert. Lorsqu'il le vit à la sortie de la salle, Gacy l'accosta et lui proposa d'aller boire quelques verres chez lui. Il le viola, le tortura et l'étrangla.
Il enterra son corps dans le vide sanitaire fétide et suintant.

Peu de temps après, Gacy appris qu'il avait la syphilis. (« La syphilis est une infection bactérienne responsable de lésions de la peau et des muqueuses pouvant toucher de nombreux organes. La transmission de l'infection est strictement inter-humaine et se fait par voie sexuelle »).

En janvier 1978, Gacy fut arrêté et emmené au commissariat de police de Chicago. Un prostitué de 19 ans nommé Robert Donnell avait déposé une plainte contre lui. Donell s'était rendu chez Gacy après avoir accepté d'être payé pour des rapports sexuels. Mais ce qui était réellement arrivé dépassait l'accord conclu. Gacy l'avait menotté puis avait passé la nuit à l'étrangler au point de lui faire perdre conscience plusieurs fois, à le violer, à le frapper avec des chaînes, à lui uriner dessus et à lui maintenir la tête sous l'eau dans une baignoire jusqu'à ce qu'il s'évanouisse. Il avait même joué à la roulette russe.
L'horreur avait duré 8 heures.

Mais, pour une raison inconnue, Gacy avait décidé de ne pas tuer Robert. Il l'avait reconduit dans la rue et l'avait jeté sur le trottoir, sanguinolent, ne tenant plus sur ses jambes.
Gacy expliqua qu'ils avaient simplement eu des rapports « consentis » et que le jeune homme, un prostitué, essayait sûrement de le faire chanter, lui, un homme d'affaire respectable... La police de Chicago le crut et décida de ne pas donner suite à cette affaire.

Billy Kindred, 20 ans, devait se marier dans un avenir proche et passa la journée du 16 février avec sa fiancée, à planifier la cérémonie. Le soir, il rencontra Gacy et accepta de monter dans sa voiture. Il fut violé et tabassé par Gacy avant d'être étranglé.


En 1978, Gacy rencontra Rosalynn Carter, femme du Président Jimmy Carter, et fut photographié lui serrant la main. Elle dédicaça ensuite l'une des photos et Gacy l'accrocha bien en évidence dans son bureau. Il la garda comme son plus précieux trésor...
La rencontre eut lieu à l'occasion d'un défilé organisé, comme chaque année à Chicago, pour commémorer les débuts du gouvernement démocratique en Pologne (de nombreux émigrés Polonais, Allemands et Hollandais vivent dans l'Illinois). Gacy, dont le père était d'origine polonaise, était responsable du défilé depuis trois ans.

Les services secrets avaient mené une enquête sur lui, pour s'assurer que la femme du Président rencontrerait « un homme bien ». Le casier judicaire de Gacy mentionnant son incarcération pour sodomie avait été transmis à la police de Chicago. Pourtant, les services secrets n'en eurent pas connaissance...

Le 22 mai 1978, Jeffrey Ringall, qui s'était disputé avec sa petite-amie, voulait faire un tour à New Town, un quartier populaire de Chicago, pour se changer les idées. Alors qu'il marchait, une Oldsmobile noire s'arrêta devant lui. Un homme enrobé se pencha à la fenêtre et le complimenta sur son bronzage. Il discuta un moment avec lui puis demanda à Ringall s'il voulait partager un joint avec lui en se promenant en ville. Tout heureux de cette rencontre providentielle, Ringall monta dans la voiture et accepta la marijuana que lui tendait son nouvel ami. Quelques minutes plus tard, alors qu'ils discutaient tranquillement, l'homme se jeta sur Ringall et plaqua un chiffon imbibé de chloroforme sur le visage du jeune homme. Ce dernier perdit rapidement conscience et n'ouvrit les yeux que brièvement, un peu plus tard, alors que la voiture roulait le long des rues. Hagard, Jeffrey ne parvint pas à comprendre où il allait, ni ce qui lui arrivait. L'homme remarqua qu'il était réveillé et l'endormit de nouveau avec le chloroforme.
Lorsque Jeffrey Ringall reprit conscience, il réalisa qu'il était à l'intérieur d'une maison, dans une chambre où était accrochée la photo d'un clown. Sa tête et ses mains étaient attachées à une sorte de pilori. Son agresseur était nu devant lui. Il pointa vers lui l'un des godemichés de tailles différentes étalés sur le sol, et expliqua qu'il allait les utiliser sur lui.

Ce soir-là, Ringall fut brutalement violé, torturé et chloroformé par son kidnappeur, des heures durant.
Le lendemain, en fin de matinée, Jeff Ringall se réveilla, habillé, sous une statue du Lincoln Park, à Chicago. Son corps le faisait souffrir de partout et il était surpris d'être encore en vie. Il se traîna jusqu'à l'appartement de sa petite amie, qui le conduisit à l'hôpital, où il resta six jours entiers. Il était dans un état effroyable : sa peau était lacérée et brûlée en plusieurs endroits, son visage était tuméfié et boursouflé, son anus était déchiré, et son foie était gravement et définitivement endommagé par le chloroforme que son violeur avait massivement utilisé sur lui. Mais cela n'était rien comparé au traumatisme émotionnel subit par le jeune homme.

Il porta plainte auprès de la police, qui le crut. Comment douter en voyant le visage boursouflé de Jeffrey Ringall ? Mais les enquêteurs pensèrent qu'ils ne trouveraient pas son violeur car Ringall n'avait que très peu d'informations à leur fournir.
Déterminé à trouver son violeur, Jeffrey passa des jours et des jours près d'une sortie d'autoroute : au moment où il s'était vaguement réveillé, avant que son agresseur ne l'endorme à nouveau avec son chloroforme, il avait reconnu cette sortie. Après des heures d'attente, Ringall reconnu finalement l'Oldsmobile noire et la suivi jusqu'au domicile du conducteur. Lorsqu'il appris que la maison appartenait à un certain John Wayne Gacy, il porta immédiatement plainte contre lui pour viol.
La police de Chicago décida toutefois qu'il n'y avait pas assez de preuves pour faire condamner Gacy et n'enquêta pas plus loin.

Outré, Jeff Ringall s'adressa alors à un avocat et, en juillet 1978, attaqua Gacy selon une procédure privée. Gacy réagit rapidement, affirmant que c'était Ringall qui avait tenté de l'endormir avec de la drogue.

Gacy se croyait intouchable.

Lorsqu'on lui demandait pourquoi ses employés changeaient si souvent, il répondait que les garçons étaient rentrés chez eux, qu'ils étaient partis « vers le sud », ou qu'ils avaient été licenciés. Comme il employait beaucoup d'adolescent sur des contrats de courte durée, peu de gens remarquaient la disparition de ses victimes.
En plus de ses victimes connues, il avait emmené chez lui de jeunes sans-abri, que personne ne chercha jamais.

Le 14 juin 1978, un adolescent nommé Timothy O'Rourke suivit John Wayne Gacy chez lui pour y fumer de la marijuana. Il y fut violé et frappé, puis étranglé.

Mais Gacy n'avait plus de place dans son vide sanitaire, dont l'odeur de putréfaction devenait proprement insoutenable. Gacy mit le corps du jeune homme dans un drap, puis le transporta jusqu'à un pont enjambant la rivière Des Plaines, où il le jeta.

Le 4 novembre, Frank Wayne « Dale » Landingin, un jeune homme de 19 ans, disparut à son tour. Prostitué occasionnel, il s'était disputé toute la nuit avec sa petite amie et était sorti de chez lui en trombes, fou de rage. Il avait rencontré Gacy et avait accepté de le suivre chez lui.
Gacy jeta également son corps dans la rivière Des Plaines.

Fin novembre 1978, James Mazzara, 20 ans, cherchait un nouveau logement à louer. Il avait entendu dire que Gacy logeait parfois les adolescents qui travaillaient pour lui. Gacy le fit entrer et lui montra la « chambre d'amis » à l'étage. Détendu, James accepta le verre que lui proposa aimablement Gacy. Mais très rapidement, il se retrouva attaché et incapable de se défendre. Gacy le viola et le tortura durant des heures. Puis, il lui enfonça son caleçon dans la gorge et le jeune homme suffoqua.
Gacy conduisit à nouveau, de nuit, jusqu'à un pont enjambant la rivière Des Plaines.

La police de Chicago était incapable d'arrêter un tueur qui avait déjà fait plus de 30 victimes. Mais les policiers d'une petite ville voisinne allaient enfin mettre un terme à ses agissements monstrueux.

Le 11 décembre 1978, Robert Piest, 15 ans, disparut à son tour devant la pharmacie où il travaillait, à Des Plaines. Il était le cadet d'une famille de 3 enfants. Fils modèle, gymnaste d'exception et très bon lycéen, il travaillait dans une pharmacie après les cours pour gagner de quoi s'acheter une voiture.
Sa mère, qui était venue le chercher pour fêter son anniversaire en famille, attendait à l'intérieur de la pharmacie car son fils lui avait dit qu'il reviendrait dès qu'il aurait fini de discuter avec un homme qui allait lui offrir un autre travail, mieux rémunéré. Mais il ne revint pas et sa mère commença à s'inquiéter. Avec son époux et ses deux autres enfants, Mme Piest chercha son fils dans le quartier mais ne le trouva pas. Trois heures plus tard, elle appela la police de Des Plaines. Le lieutenant Joseph Kozenczak, qui comprit rapidement que Robert Piest n'avait pas fait une fugue, commença son enquête.

Il apprit que l'homme à qui Robert Piest devait parler s'appelait John Wayne Gacy, entrepreneur à Chicago, 36 ans. Kozenczak décida de vérifier son casier judiciaire, par simple routine, et fut effaré lorsqu'il découvrit les raisons pour laquelle Gacy avait été incarcéré dans l'Iowa en 1968... et de nouveaux soupçonné depuis. Il semblait incroyable que Gacy soit en liberté, sans aucune surveillance.

Kozenczak se rendit chez lui mais Gacy lui expliqua qu'il ne savait rien de la disparition de Robert Piest, qu'il ne le connaissait pas et ne l'avait jamais vu. Kozenczak fut surpris par le fait que Gacy niait connaître le garçon alors que plusieurs personnes savaient qu'ils avaient rendez-vous. Il demanda à Gacy de le suivre au commissariat pour y être interrogé. Mais Gacy répondit qu'il ne pouvait quitter sa maison : il y avait récemment eut un décès dans sa famille et il attendait plusieurs coups de téléphone importants. Gacy ne se présenta au commissariat qu'à 3h30 du matin, couvert de boue. Il s'excusa en affirmant que sa voiture s'était embourbée... et fut surpris (sic) lorsqu'on lui annonça que Kozenczak ne lui avait pas fait la grâce de l'attendre.

Gacy revint le lendemain, 13 décembre 1978, et nia de nouveau connaître Robert Piest. Lorsque les policiers lui expliquèrent que des témoins l'avaient vu avait l'adolescent, il répondit simplement «Ah... Oui... Ce Robert là... ».
Il se montra chaleureux et discuta un bon moment avec les enquêteurs présents. Il se vanta d'être un homme d'affaires prospère, un bénévole du parti démocrate qui se déguisait en clown pour les enfants des hôpitaux... et qui avait « des amis haut placés ».
Pendant qu'il badinait, Kozenczak obtint un mandat de perquisition qui lui permettait de fouiller la maison de Gacy. Il pensait qu'il y trouverait le jeune Robert.
Seul.

Le pavillon, très propre et ordonné, était rempli de plantes vertes. Des images de clowns, peintes par Gacy, étaient accrochées aux murs. Les enquêteurs pensèrent immédiatement qu'ils tenaient leur coupable : un tapis, dans le salon, était maculé par ce qui semblait être du sang.
Un inspecteur fit l'inventaire de tous les éléments incriminant découvertes dans la maison :
- une boîte à bijoux contenant deux permis de conduire appartenant à des hommes jeunes, et plusieurs anneaux, dont une chevalière du Maine West High School, classe 1975, sur laquelle étaient gravés les initiales J.A.S.
- une petite boîte contenant de la marijuana et du papier à rouler
- plusieurs films érotiques hétéro et homosexuels
- des médicaments, dont du Valium et du nitrite d'amyle (ou « poppers », un médicament contre les angines de poitrine qui peut être utilisé comme aphrodisiaque sous forme intraveineuse).
- un couteau à cran d'arrêt
- un morceau de couverture taché (de sang ?)
- un carnet d'adresses bien rempli
- des livres aux noms évocateurs (« Les garçons à moto », « Adolescents étroits », « La pédérastie : le sexe entre hommes et garçons », « 21 affaires sexuelles anormales »...)
- une paire de menotte et ses clés
- une longue planche de bois présentant deux trous aux extrémités (un genre de pilori)
- un pistolet Italien de calibre 6mm
- des badges de policiers
- un grand godemiché en caoutchouc (qui était caché dans le grenier)
- une seringue hypodermique et une petite bouteille de chloroforme
- des vêtements bien trop petits pour Gacy
- une corde en nylon

Les enquêteurs trouvèrent également un reçu pour le développement d'une pellicule photo. La petite amie de Robert Piest expliqua que ce reçu lui appartenait et qu'elle l'avait donné à Robert le jour de sa disparition. L'adolescent s'était donc bien rendu chez Gacy.

Trois véhicules appartenant à Gacy furent également saisis, dont un pickup Chevrolet 1978 présentant le nom de son entreprise sur les portières, une Oldsmobile noire de 1979 et un van présentant également le nom de son entreprise.
Les enquêteurs ne trouvèrent rien d'autres et retournèrent au commissariat pour demander que des analyses soient menées sur les preuves.

Les enquêteurs expliquèrent à Gacy qu'ils avaient saisi des objets chez lui. Il entra dans une colère noire et appela immédiatement son avocat. Mais la police n'avait encore rien d'assez sérieux pour le faire inculper de meurtre et dut le relâcher. Les policiers décidèrent toutefois de placer Gacy sous surveillance, jour et nuit. Ils ne le lâchèrent pas d'une semelle.

Certains amis de Gacy furent convoqués et interrogés par les enquêteurs. Gacy leur avait affirmé auparavant que la police voulait l'accuser d'un meurtre qu'il n'avait pas commis. Les policiers n'obtinrent donc que peu de renseignements utiles. Les amis de Gacy ne pouvaient pas croire qu'il fut capable de tuer quelqu'un.

Les enquêteurs surveillèrent Gacy de manière étroite. Au départ, il voulut défier les policiers, en assurant à ceux qui le suivaient que leurs supérieurs étaient des idiots et en les invitant à déjeuner. Il leur indiquait où il se rendait lorsqu'il prenait sa voiture et accrocha les décorations de Noël sur sa maison comme à son habitude. Il invita même les policiers au restaurant et leur affirma « Vous savez, les clowns peuvent s'en tirer avec des meurtres ».
Mais, à mesure que les jours passaient, Gacy commença à perdre son sang-froid. Il se mit à boire énormément, cessa de se raser, et hurla sur ses employés. Il embaucha deux avocats et porta plainte contre la police de Chicago pour harcèlement.
Une semaine après la disparition de Robert Piest, Gacy était à bout de nerfs. Mal rasé, insomniaque, il épiait les deux policiers qui le suivaient constamment. Et, un jour, il les invita à boire un café chez lui. Peut-être voulait-il encore jouer « au plus fort », les amadouer, les interroger pour en savoir où en était l'enquête, ou les persuader de son innocence...

Mal lui en prit, car l'un des policiers, l'agent Schulz, était un homme d'expérience qui reconnut immédiatement l'odeur nauséabonde qui imprégnait l'atmosphère chauffée du petit pavillon de Gacy : une odeur de cadavre. Lorsque ces collègues avaient perquisitionné une semaine auparavant, il faisait froid et l'odeur ne les avait pas frappés.

Schulz en fit part à l'inspecteur Kozenczak.
Celui-ci venait d'apprendre que l'anneau aux initiales J.A.S. découvert chez Gacy appartenait à John Szyc.
Trois anciens employés de Gacy avaient mystérieusement disparu après avoir eu rendez-vous avec lui.
La télévision de Gacy - les policiers avaient vérifié le numéro de série - appartenait à également à John Szyc.
Dans le coffre de l'Oldsmobile avaient été découverts des cheveux et, d'après les analyses, il semblait bien qu'ils appartenaient Robert Piest.
Gacy pouvait avoir fait plus qu'une seule victime.

Le 21 décembre, Kozenczak décida d'arrêter Gacy pour possession de marijuana et de Valium : alors que les policiers le suivaient comme à leur habitude, il avait été surpris alors qu'il fournissait de la marijuana à un pompiste dans un garage.
Les voisins de Gacy furent abasourdis en apprenant la nouvelle. Seul l'un des amis de Gacy se doutait qu'il était soupçonné d'un délit bien plus grave que la détention de marijuana. La veille, presque hystérique, Gacy avait avoué à Donald Czarna qu'il avait bien tué un adolescent. Gacy avait ensuite admis à son ami qu'il avait tué une trentaine de garçons, parce qu'ils étaient « mauvais » et qu'ils tentaient de le faire chanter. Puis, il s'était mis à pleurer à gros sanglots.

Les policiers ramenèrent Gacy chez lui et lui annoncèrent qu'ils allaient tout fouiller jusqu'à ce qu'ils trouvent un cadavre, sous le plancher s'il le fallait. Gacy s'effondra et avoua avoir enterré un homme, « un ancien amant », sous le sol de son garage. Il ajouta toutefois qu'il l'avait tué en état de légiti
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pittou62 tonton le plus dingue de la planete


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MessagePosté le: Ven 16 Jan - 14:34 (2009)    Sujet du message: Publicité

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